Skip links

Point Marchés au 31 mars 2026

Chiffres du mois (au 31 mars 2026)

MARS Evolution 2026 Evolution 2026
CAC 40 7816,94 -4,08% € / $ 1,1554 -1,80%
Eurostoxx 50 5569,73 -3,83% Or 4672,02 7,79%
Dow Jones 46341,51 -3,58% Pétrole Brent 118,31 86,18%
Nasdaq 21590,63 -7,11% OAT 10Y 3,857%
Nikkei 51063,72 1,30% Taux BCE refi 2,15%

Faits marquants

– Le mois de mars a marqué un brutal changement de régime sur les marchés américains, dominé par l’escalade militaire entre les États‑Unis et l’Iran à partir de la fin février. Cette dynamique géopolitique a supplanté les fondamentaux économiques pourtant encore résilients en début de mois. La flambée des prix de l’énergie – le baril de Brent dépassant ponctuellement les 110 dollars – a ravivé les craintes inflationnistes et entraîné une revalorisation rapide des anticipations de taux, repoussant l’hypothèse de baisses rapides de la Fed. Lors de sa réunion du 17‑18 mars, la Réserve fédérale a maintenu ses taux inchangés, mais a durci le ton en soulignant l’incertitude liée à l’inflation importée via l’énergie.

Sur les marchés actions, le mouvement a été net : le S&P 500 et le Nasdaq ont enregistré leur pire mois depuis 2022, avec une correction d’environ ‑5 %, les valeurs technologiques et de croissance subissant une forte décompression des multiples, tandis que le secteur de l’énergie faisait figure de principal refuge relatif. Le marché obligataire a également été volatil, les rendements des Treasuries remontant, traduisant une Fed perçue comme contrainte dans sa capacité d’assouplissement.

– En Europe, les marchés ont été encore plus durement touchés que leurs homologues américains, en raison de la forte dépendance énergétique du continent. La hausse du pétrole et du gaz a provoqué une vente massive des obligations souveraines, portant les rendements à 10 ans allemands et français à leurs plus hauts niveaux depuis 2011, tandis que les spreads se tendaient dans les pays périphériques. Christine Lagarde a clairement indiqué que la BCE ne pouvait exclure un resserrement supplémentaire si les pressions inflationnistes persistaient, même au prix d’un ralentissement de la croissance.

Côté actions, le Stoxx 600 a effacé plusieurs mois de hausse en quelques séances, pénalisé par la correction des valeurs industrielles et cycliques, très sensibles aux coûts énergétiques. L’hypothèse d’un scénario stagflationniste – faible croissance et inflation durable – a refait surface, fragilisant particulièrement les banques, la distribution et le secteur automobile, pourtant moteurs de la performance européenne en début d’année.

– Dans le reste du monde, mars a été marqué par une accentuation de la divergence entre régions exportatrices et importatrices d’énergie. Les marchés asiatiques ont largement corrigé, avec des baisses parfois supérieures à 15‑20 % en Corée du Sud et dans plusieurs pays d’Asie du Sud‑Est, très exposés aux chocs sur les hydrocarbures. La Chine a continué d’afficher une reprise fragile, incapable de jouer son rôle de stabilisateur mondial, tandis que le Japon a mieux résisté grâce à une demande domestique plus solide.

Les marchés émergents ont globalement sous‑performé, pénalisés par la force du dollar, les sorties de capitaux et le renchérissement des importations énergétiques. Sur les marchés des matières premières, l’énergie s’est imposée comme le thème central du mois, tandis que l’or n’a pas joué pleinement son rôle de valeur refuge, concurrencé par la remontée des taux réels américains. Mars 2026 restera ainsi comme un mois charnière, marquant le retour de la prime géopolitique et la fin provisoire du scénario de normalisation monétaire fluide anticipé en début d’année.

Points à suivre 

– Le premier facteur de marché pour le trimestre à venir demeure la situation géopolitique au Moyen‑Orient, et plus précisément l’évolution du conflit autour de l’Iran. Le point critique sera la durabilité du choc énergétique : soit les marchés intègrent progressivement un scénario de normalisation (dé‑escalade, réouverture fluide des routes maritimes, stabilisation du baril), soit l’on bascule vers un régime de prix durablement élevés. Ce choix de trajectoire conditionne directement l’inflation, les marges des entreprises et la capacité des banques centrales à assouplir leur politique. Tant que l’incertitude domine, la prime de risque géopolitique restera élevée, limitant les rallyes francs sur les actifs risqués.

– Le deuxième point clé concerne les banques centrales, et en particulier la Fed et la BCE. Le trimestre à venir sera décisif pour déterminer si le choc inflationniste lié à l’énergie est perçu comme transitoire ou non. Aux États‑Unis, la Fed reste coincée entre une inflation redevenue sensible et des premiers signes de ralentissement cyclique. En Europe, la situation est plus délicate encore, la hausse des coûts énergétiques ayant un impact plus direct sur l’économie réelle. Les marchés devront ajuster leurs anticipations : la question ne sera plus « quand les baisses de taux ? », mais combien de temps les taux resteront élevés. Cette incertitude continuera de peser sur les obligations longues et sur les actifs les plus endettés.

– Le troisième enjeu majeur sera la saison des résultats du premier trimestre. Jusqu’ici, les bénéfices ont relativement bien résisté, mais le prochain trimestre permettra de mesurer l’impact réel de la hausse des coûts énergétiques, du financement et du ralentissement de la demande. Les marges seront au cœur de l’attention, en particulier dans l’industrie, la consommation discrétionnaire et les transports. À l’inverse, les secteurs capables de répercuter l’inflation (énergie, utilities, certaines valeurs financières) pourraient continuer de surperformer. La dispersion intra‑marché devrait rester forte, rendant la sélection des titres plus déterminante que l’exposition directionnelle.

Dans ce contexte, la prudence sur les valorisations élevées, la diversification réelle et la gestion active redeviendront des leviers centraux de performance. Le marché ne sera plus indulgent : il exigera de la visibilité, des bilans solides et une discipline stratégique claire.

Return to top of page