Skip links

Point Marchés au 30 novembre 2025

Chiffres du mois (au 30 novembre 2025)

NOVEMBRE Evolution 2025 Evolution 2025
CAC 40 8122,71 10,38% € / $ 1,1601 11,92%
Eurostoxx 50 5668,17 16,00% Or 4216,34 60,55%
Dow Jones 47716,42 12,16% Pétrole Brent 63,19 -15,49%
Nasdaq 23365,69 21,00% OAT 10Y 3,305%
Nikkei 50253,91 25,447% Taux BCE 2,00%

Faits marquants

– Novembre a été marqué par la fin du shutdown le plus long de l’histoire américaine (42 jours), qui a paralysé la publication des données macroéconomiques et créé une incertitude pour la Fed. Malgré ce contexte, la croissance américaine reste robuste, et le PIB a progressé de +3,9 % au T3 en annualisé. L’inflation a légèrement reculé, ce qui a conforté la Fed dans sa décision de baisser ses taux de 25 points de base. Toutefois, Jerome Powell a indiqué que la poursuite des baisses n’était « loin d’être acquise », laissant entrevoir une pause.

Sur les marchés, les indices américains ont poursuivi leur progression, portés par la tech et l’IA malgré des craintes de survalorisation. La saison des résultats a été exceptionnelle : 85 % des entreprises du S&P 500 ont dépassé les attentes, avec une hausse moyenne des bénéfices par action de +10,7 % sur un an. Nvidia a battu un nouveau record avec une capitalisation de 5 100 milliards $, symbole de l’euphorie autour des semi-conducteurs et de l’IA.

Sur le plan géopolitique, la rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping en fin de mois a permis d’instaurer une trêve commerciale d’un an, réduisant les tensions sur les terres rares et le soja. Cette désescalade a rassuré les marchés, même si les incertitudes réglementaires persistent.

– En zone euro, la dynamique économique reste robuste mais hétérogène avec une stabilisation de l’industrie et une amélioration des services. Le PIB du T3 a progressé de +1,3 % en glissement annuel, porté par l’Espagne et la France, tandis que l’Allemagne reste en retrait. L’inflation harmonisée s’est stabilisée autour de 2,1 %, ce qui a conduit la BCE à maintenir ses taux directeurs. Après huit baisses successives depuis 2024, la banque centrale marque une pause dans son cycle d’assouplissement, en attendant des signaux plus clairs sur la trajectoire de l’inflation.

Les marchés européens ont affiché des performances contrastées. Les valeurs du luxe ont surperformé, soutenues par la demande internationale, tandis que le secteur bancaire reste sous pression malgré des marges d’intérêt améliorées. Les tensions politiques en France (réforme des retraites suspendue, menace de censure) pèsent sur la confiance des ménages et des entreprises.

– L’Asie demeure la région la plus dynamique tirée par la reprise des importations chinoises et la vigueur des marchés japonais. Le FMI a relevé ses prévisions de croissance mondiale à 3,2 % en 2025, portée par les émergents (+4,2 %).

Sur le front géopolitique, la fragmentation mondiale s’accentue : 17 % des flux commerciaux sont désormais soumis à des restrictions douanières supplémentaires. Les tensions sur les semi-conducteurs et les terres rares persistent, avec des hausses de prix de +22 % depuis début 2025. La Chine contrôle 87 % de la production mondiale de terres rares et a imposé des restrictions sur le gallium et le germanium, affectant directement les industriels européens et américains. Ces mesures ralentissent certains projets dans les énergies renouvelables en Europe (12,5 Mds € de projets retardés).

Les matières premières ont connu des mouvements contrastés : l’or, proche de ses plus hauts historiques, a consolidé en fin de mois, tandis que le pétrole a reculé malgré la perspective d’un embargo sur les exportations russes.

Points à suivre 

– Le début de 2026 sera dominé par la trajectoire des banques centrales. La Fed poursuit son cycle de baisse des taux, visant 3,50 % – 3,75 %, tandis que la BCE reste plus prudente autour de 2,50 %. Cette divergence crée des opportunités sur les courbes de taux mais accroît la volatilité des devises. Si la détente monétaire soutient les actifs risqués, elle reflète aussi une croissance mondiale en ralentissement, ce qui impose une vigilance sur la qualité du crédit et la durée de vie des portefeuilles obligataires.

– Après une année 2025 portée par l’IA, les valorisations US sont tendues. La sélectivité devient cruciale : toutes les valeurs technologiques ne bénéficieront pas du même momentum et le risque de correction est réel. À l’inverse, l’Europe et certaines émergentes offrent des points d’entrée attractifs, soutenus par des politiques budgétaires accommodantes. La rotation vers les infrastructures, la finance privée et les valeurs industrielles liées à la transition énergétique pourrait s’accélérer, dans un contexte où les investisseurs cherchent à diversifier leurs expositions.

– Les tensions sino-américaines, les politiques industrielles nationales et les élections dans plusieurs grandes économies alimentent l’incertitude. Ces facteurs pèsent sur les chaînes d’approvisionnement et les matières premières, tout en favorisant une volatilité accrue sur les devises. Le dollar pourrait s’affaiblir, ce qui soutiendrait les actifs émergents, mais la fragmentation commerciale reste un frein à la croissance mondiale. Les stratégies flexibles et la couverture des risques exogènes seront essentielles.

– Le trimestre à venir s’annonce comme une période charnière : détente monétaire, valorisations élevées et incertitudes géopolitiques imposent une discipline accrue. La clé sera la flexibilité : ajuster les allocations en fonction des divergences régionales, renforcer la qualité des portefeuilles obligataires et identifier les secteurs porteurs au-delà des thèmes dominants. Dans un environnement fragmenté, la gestion active redevient un impératif stratégique.

Return to top of page