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Dollar

Au Plazza…
Le dollar a baissé comme annoncé et va sans doute continuer de baisser … mais avec ou sans crises ? Le billet vert supplante maintenant le pétrole dans l’angoisse financière.
C’était en 1975, une crise économique liée à la très forte hausse des prix du pétrole vit naître dès l’automne  le premier G 5, devenu depuis le très fameux G7 ou 8. Or une réussite de ces sommets du G7 et des « sherpas »  fut les « accords du Plazza » du 22 septembre 1985. Ils étaient destinés à organiser la baisse progressive du dollar monté trop haut, et furent suivis d’une baisse régulée de 40% du billet vert. Les accords du Louvre, toujours dans le domaine des taux de change mais en sens inverse, sont scellés deux ans plus tard. Comme si le risque de laisser la spéculation mener le jeu dans les marchés monétaires était par trop effrayant …
L’administration Bush a fait réapparaître des «déficits jumeaux» records et le financement de ces déficits dépend dangereusement des achats de bons du Trésor américains par les banques centrales asiatiques, en premier lieu de la Chine. En achetant massivement des dollars, le gouvernement chinois a fait le choix pragmatique qu’une perte de valeur de ses réserves monétaires est potentiellement moins dangereuse que la baisse en cours qui ralentit les exportations chinoises et peut mettre en danger le développement économique du pays. Tous les pays exhortent la Chine à laisser fluctuer plus librement le yuan, dont la parité est actuellement fixée à environ 8,28 par rapport au dollar. Mais à ce jeu du « je te tiens par la barbichette », les autres pays font figure de simples spectateurs.
Un commerce mondial bi-polarisé, sino-américain, à taux de change fixe, règle la croissance du monde. En gardant le dollar comme monnaie de règlement de la facture pétrolière, les pays producteurs de l’OPEP semblent eux aussi inscrits dans cette logique du court-terme bi-polaire.
L’équilibre nous semble donc précaire et chaque pays se devra de balayer rapidement devant sa porte :
–    L’Europe doit se réformer et restaurer la confiance de ses agents économiques pour relancer sa croissance interne et participer au développement du commerce mondial.
–    La Chine doit accepter une réévaluation significative de sa monnaie, le Yuan, allant au-delà des simples bonnes intentions.
–    Les Etats-Unis d’Amérique doivent réduire leur déficit budgétaire, y compris par une augmentation des impôts, et  ré-apprendre le multi-latéralisme.
Notre vieille Europe est affaiblie par ce désordre monétaire, les prévisions de croissance et les indicateurs de confiance déclinent. Heureusement, la BCE ne relèvera probablement pas ses taux d’intérêt directeurs de si tôt, ce qui devrait favoriser la reprise de l’investissement et le soutien à la consommation. Alors oui il convient de délaisser les taux pour les actions, les opérations financières ne font que commencer ! Et il faudrait aussi penser à inviter les dirigeants chinois « au Plazza »!
rédigé pour boursorama banque

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Lire les articles précédents :
Fin de crise mars 2003

C’est loin l’Amérique ?…. Comme aimait à le souligner mon aïeul, «  la pédagogie, c’est l’art de la répétition »....

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